Le Sénégal a une nouvelle présidence à la tête de sa plus haute juridiction. Ousmane Diagne, magistrat de carrière et ancien garde des Sceaux, a été nommé lundi 13 juillet 2026 président du Conseil constitutionnel, par décret de la présidence de la République. L'annonce a été faite par voie de communiqué du secrétaire général du gouvernement.

Ousmane Diagne succède à Mamadou Badio Camara, décédé en avril 2025, dont la disparition avait laissé vacante la présidence de l'institution chargée du contrôle de la constitutionnalité des lois et de la régularité des scrutins.

Le nouveau président du Conseil constitutionnel n'est pas un inconnu du sérail judiciaire sénégalais. Il a occupé plusieurs fonctions prestigieuses au sein de la magistrature, notamment celles de procureur général près la Cour d'appel de Dakar et de premier avocat général près la Cour suprême, avant de rejoindre le gouvernement. Il a exercé comme garde des Sceaux, ministre de la Justice, du 12 avril 2024 au 6 septembre 2025, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye.

Sa nomination intervient à un moment charnière pour les institutions sénégalaises. Le Conseil constitutionnel, composé de sept membres surnommés « les sept sages », joue un rôle central dans l'arbitrage des grands contentieux électoraux et dans le contrôle de conformité des lois à la Constitution. Sa vacance prolongée depuis la disparition de Badio Camara avait suscité des interrogations sur la capacité de la juridiction à traiter dans de bonnes conditions les dossiers sensibles qui lui sont soumis.

Plusieurs voix, dans la société civile comme dans les rangs de l'opposition, avaient appelé à une nomination rapide, rappelant l'importance de disposer d'un Conseil constitutionnel au complet et pleinement opérationnel. Le profil d'Ousmane Diagne, magistrat expérimenté ayant également occupé de hautes fonctions au sein de l'exécutif, est mis en avant par ses soutiens comme un gage de continuité institutionnelle.

Le nouveau président devrait prêter serment dans les prochains jours, selon les usages en vigueur, avant de prendre officiellement ses fonctions à la tête du Conseil. Aucune date précise n'a toutefois été communiquée à ce stade par la présidence.

Cette nomination s'inscrit plus largement dans une série de mouvements au sein des hautes juridictions et institutions de contrôle du pays, dans un contexte où le Sénégal a entamé, depuis l'alternance de 2024, plusieurs chantiers de réforme institutionnelle. Le Conseil constitutionnel sera amené à se prononcer, dans les mois à venir, sur plusieurs dossiers sensibles liés à la vie politique nationale, ce qui confère à cette nomination une portée particulière.