La Société nationale d'électricité du Sénégal (Senelec) a franchi, le 10 juillet 2026, une étape inédite pour une entreprise publique africaine du secteur de l'énergie. L'entreprise a procédé à la cotation d'une émission obligataire durable de 108 milliards de FCFA à la Bourse de Luxembourg, plus précisément sur le Luxembourg Green Exchange (LGX), la plateforme spécialisée de la place financière luxembourgeoise dédiée aux instruments financiers durables.
Selon les informations communiquées à cette occasion, cette opération constitue la première titrisation réalisée par une entreprise publique de services collectifs sur le continent africain, adossée à des factures d'électricité. Une innovation financière qui illustre la volonté de Senelec de diversifier ses sources de financement, au-delà des canaux traditionnels de la dette souveraine ou des prêts concessionnels des bailleurs de fonds.
La cotation a été marquée par la traditionnelle cérémonie du « Ring the Bell », symbole de l'entrée officielle du titre sur les marchés financiers internationaux, en présence de responsables de Senelec et de représentants de la Bourse de Luxembourg.
Les fonds mobilisés grâce à cette émission doivent permettre, selon la société, d'accélérer les investissements destinés à améliorer l'accès à une énergie fiable, moderne et durable pour les populations sénégalaises. Cette opération s'inscrit dans la stratégie plus large de transition énergétique du Sénégal, qui vise à renforcer la part des énergies renouvelables dans son mix électrique tout en résorbant les tensions récurrentes d'approvisionnement observées ces dernières années.
Le recours à la finance durable, via un instrument coté sur une place spécialisée comme le LGX, doit également permettre à Senelec de bénéficier d'une meilleure visibilité auprès des investisseurs internationaux sensibles aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), et potentiellement d'obtenir des conditions de financement plus avantageuses que sur les marchés classiques.
Pour les experts du secteur, cette opération pourrait ouvrir la voie à d'autres entreprises publiques africaines du secteur de l'énergie ou des infrastructures, désireuses de diversifier leurs sources de financement dans un contexte où les besoins d'investissement pour l'accès universel à l'électricité restent considérables sur le continent. Senelec, qui multiplie depuis plusieurs années les initiatives destinées à moderniser son réseau et à réduire ses pertes techniques et commerciales, présente cette levée de fonds comme une nouvelle étape de sa transformation, à la fois financière et industrielle.




